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2.
- LES FAUBOURGS.
Ce sont les faubourgs
et notamment le « faubourg Sainte Quitterie » qui confèrent
à la bastide de Plaisance son originalité.
Situés en amont
de la ville pour le « barry dessus », en aval pour le «
barry debat », les deux faubourgs expliquent l'étirement du
Nord au Sud, sur plus d'un kilomètre, du Plaisance d'Ancien régime,
entre l'actuelle « rue du Moulin » et le cours inférieur
du « canal De Cassagnac ».
L'exiguïté
de la bastide contribue à accentuer l'étroitesse de l'agglomération,
presque toute située à l'Est des actuelles « rue des
Pyrénées » et « rue Armagnac ».
a) le « barry debat » :
Venant de la
« rue du Portal debat », une fois franchie la porte, le faubourg
rencontré était le « barry debat ». Il englobait,
au SudOuest, la zone des jardins qui se trouvait « darré la
ville ».
Limité à
l'Est par lArros au Sud-Est par le « fossé de la ville »,
le « faubourg d'en bas », était au Nord et à
lOuest ceinturé par le « fossé vieux » (52).
Le « fossé
vieux » dont le canal de Cassagnac emprunte dans son cours inférieur
le tracé, se prolongeait vers le Sud près de la « place
du 11 Novembre Là, tout proche des jardins et des granges qui la
bordent au Sud-Est, il se dirigeait vers l'Est, pour se jeter près
de la tour d'angle dans le « fossé de la ville ». C'est
pour cette raison que la toponymie ne distingue pas toujours ces deux lignes
de fossé (53).
Extérieur au « fossé
de la ville », le « fossé vieux » atteste la présence
d'une enceinte plus vaste et plus ancienne que celle de la ville. Nous
avons là, le tracé de l'enceinte primitive de la bastide.
Le XIVe
s'ècle est une période de dépression démographique
qui s'est amorcée aux alentours de 1300-1310 (54).
Il semble que la « bastide d'Armagnac » (55),
puisque fondée à une période de dépopulation,
n'ait pu remplir qu'une partie de son lotissement. Après les destructions
de 1338 (56) et 1355 (57), on
a pour des
raisons de défense construit à
l'intérieur de l'enceinte primitive, une seconde enceinte beaucoup
moins vaste. Cette contraction de la bastide que l'on peut évaluer
aux trois-quarts paraît avoir eu lieu dans la seconde moitié
du XIV' siècle ou au début du XV° siècle.
Le document du Moyen-âge
antérieur à 1473 mentionne, en effet, les deux lignes de
fossé.
A l'Ouest et au Sud-Ouest,
le « fossé vieux » est bordé de jardins appelés
aux « chasteaux » (58). Dans le document
du XVe siècle, le « prat deu Castet deu Comte » confronte
avec le fossé de la ville. Le contrat de paréage mentionne
le projet de construction du château comtal (59).
Ici, la toponymie vient rendre vraisemblable la tradition orale qui plaçait
le château comtal près de l'église actuelle.
Peu peuplé,
le « faubourg d'en bas » accueillait, en 1725, une dizaine
de maisons, hameau des « Capots », compris.
Le quartier
des « Capots » ou « Cagots » occupait le coin Nord-Ouest
du « barry » (60). Il groupait au début
du XVIII siècle cinq maisons dont trois appartenaient à des
charpentiers (61).
Au XVe siècle,
jardins et maisons des « Crestias » bordaient un cimetière
désaffecté (62). Le pont des «
Capots » permettait de franchir le « fossé vieux »
et de rejoindre le « hameau de Larramée ».
Rejetés
de la communauté, considérés comme des parias, les
descendants des lépreux vivaient dans des hameaux isolés.
La présence des « Capots » sur les bords du «
fossé vieux » pose un problème. Leur implantation dans
l'angle Nord-Ouest de la bastide primitive peut être antérieure
à 1322 - comme semblerait le démontrer l'existence au XVe
siècle du cimetière désaffecté - ou contemporaine
à la fondation de la bastide. Dans ces deux hypothèses, les
« Capots » semblent avoir bénéficié, à
une époque de tarissement du peuplement des bastides, de mesures
d'intégration puisqu'ils furent autorisés à demeurer
ou à s'installer dans la bastide. Par la suite, avec les guerres,
les famines, les épidémies de peste du XIVe et XVe siècles,
ils devinrent de nouveau les boucsémissaires de la communauté.
Aussi furent-ils parqués et il leur fut interdit de s'installer
dans la nouvelle enceinte. Si leur établissement sur les bords du
« fossé vieux » est postérieur à la construction
de la seconde enceinte, il nous faut envisager l'existence d'un hameau
primitif des « Capots » qui se situerait au Nord et à
l'extérieur' de l'enceinte primitive. Aucun document ne l'atteste.
Seule, la tradition orale situe une léproserie à l'emplacement
de l'actuelle maison de retraite.
La présence
du hameau des Capots, mais aussi l'existence sur les bords de l'Arros des
« pelams » (63) et d'une tannerie (64)
peut expliquer le faible peuplement du
« faubourg debat ». Cependant, au XVIIIe siècle, les
coutumes et préjugés d'exception qui avaient jusqu'alors
pesé sur les descendants des lépreux ont disparu. Des habitants
de la ville possèdent maisons et jardins « aux Capots »,
tandis que Dominique Delom descendant des Delom, « crestias »
au XVe siècle, est bayle royal.
Sur le bord
du « fossé vieux », alimenté par le ruisseau
des Péjous (65) et sur les rives de la rivière
se serrent un grand nombre
de jardins qui donnent au « faubourg
debat " un aspect de banlieue maraîchère (66).
b) le « barry dessus ».
Vaste faubourg, appelé
« faubourg Sainte-Quitterie » au Sud du ruisseau de l'hôpital,
à cause de l'église paroissiale SainteQuitterie, le «
faubourg dessus » fait figure de second village. Mentionnant «
le faubourg Sainte-Quitterie de Ripau » en aussi gros caractères
que Plaisance, la carte de Cassini est à ce sujet révélatrice.
Plaisance sur cette carte se présente comme la réunion de
deux bourgs: la bastide au Nord, Sainte-Quitterie au Sud.
Peuplé, il groupait
dès 1725 une cinquantaine de maisons. Il s'étirait le long
du canal et d'une rue au nom significatif, la « rue Longue »
(67)
(actuellement « rue Sainte-Quitterie »).
Non entouré de fossés,
aux limites diffuses, il présentait deux excroissances à
l'ouest: « Barbet » sur la route de Castelnau, les «
Paouets » derrière l'hôpital et sur le « chemin
du Cap ». Au Sud, le « faubourg Sainte-Quitterie » se
prolongeait par les « bordes » du futur « quartier de
Rapine ».
Près du « portal
dessus », trois routes se croisaient. La « rue Longue »
se prolongeait au Sud, sur les bords du Lasté et devenait «
chemin de Marciac » (68). Tronçon de
la route de Castelnau, la « rue Traversière » (actuellement
« rue la Fontaine ») (69) était
perpendiculaire à la première. La « rue du Pont vieux
» (70) regagnait le pont qui enjambait l'Arros
au niveau du gué. Ce croisement de chemins au Nord du faubourg explique
la présence dans le « barry », au début du XVIII'
siècle, d'une hostellerie (71 ) et de marchands.
Le pont vieux déviait une partie des échanges vers le faubourg.
Il est vrai que la bastide, n'ayant pas de porte à l'Ouest, tournait
le dos au couchant.
Occupé par
des « bordes » et granges recouvertes de tuiles à canal
mais aussi de chaume (72), le « faubourg Sainte-Quitterie
» était avant tout, le quartier des laboureurs, bordiers,
brassiers. Prairies et jardins occupaient de grands espaces. Autour de
l'église, quelques hautins tapissaient la rive occidentale du canal.
Le faubourg rassemblait
un grand nombre d'artisans. Les tailleurs et « tissiers » étaient
nombreux à « barbet » près du fouIon. Maçons,
charrons, tonneliers, charpentiers contribuaient à l'animation de
la « rue Longue ».
Artère principale
de Plaisance du XV' siècle à la construction de la «
Grand-rue » en 1837, la « rue Longue » conduisait au
foulon, à l'église paroissiale, à l'hôpital
Sainte-Croix et au moulin. Ce groupement de quatre établissements
publics dans le « quartier d'en haut » faisait du « faubourg
Sainte-Quitterie » un quartier fort actif.
Le moulin « à
deux meules et un batan » (73) datait du XV'
siècle. Fondé en 1459, par l'abbé de La Case-Dieu,
Pierre II deMontus, il était le seul bien noble de la communauté
(74).
Les deux meules et le batan n'étaient pas dans le même bâtiment.
Le foulon se trouvait en aval du canal, à l'emplacement de la scierie
(75). Tout près du moulin, dans la «
borde de Barriu » vivait en 1774, le meunier, Pierre Vincent.
En face de l'église
paroissiale, sur les bords du ruisseau s'élevait l'hôpital
Sainte-Croix (76). Etabli sur l'emplacement d'un hôpital
plus ancien, l'hôpital Sainte-Croix fut fondé, en 1650, «
par feu Monsieur de Lalanne, fils du lieu, archidiacre de Rivière-Basse
qui y laissa quelque chose, à condition qu'il en serait dit le fondateur
» (77). Mais, dès le XV' siècle
(78), il existe dans le « faubourg Sainte-Quitterie
» un établissement hospitalier, tout proche du chemin «
romiu » (79) qui traversait le sud de la juridiction
de la bastide.
L'hôpital du XVII' siècle
subsiste de nos jours, dans l'enceinte du collège. Il développe,
autour d'une cour carrée, trois corps de logis. Le bâtiment
central est surmonté d'une cloche. Au XVIII' siècle, gardé
par « l'espitau » l'hôpital Sainte-Croix abrite le bureau
des pauvres de la communauté dont les administrateurs étaient
le juge, le curé, le procureur du Roi, les deux consuls, et quatre
habitants choisis par la paroisse (80). Les secours
étaient distribués à domicile, sous forme de pain,
de bouillon, de potions (81). Vaste bâtiment
à l'abandon, il abritait dans une de ses ailes une petite chapelle
désaffectée.
L'église Sainte-Quitterie
(82) se dressait au Nord du cimetière. Elle
dépendait du monastère de La Case-Dieu qui devait pourvoir
à son entretien (83). Au XVIII' siècle,
l'église Sainte-Quitterie se trouvait dans un tel état de
délabrement qu'elle fut frappée d'interdit à plusieurs
reprises (84).
Modeste édifice,
reconstruit dans les dernières années de l'Ancien régime
(85), elle était, malgré son éloignement
de la ville, le siège de la paroisse. Ceci témoigne de l'ancienneté
du service paroissial à Sainte-Quitterie. Elle avait été
l'église du village de Ribaute avant d'être celle de la bastide.
Ancienne, puisque
mentionnée dans un document de la première moitié
du XII' siècle (86), elle avait gardé
dans ses
dimensions, son plan, sa décoration,
malgré plusieurs reconstructions, sa sim plicité primitive
(87).
L'église Sainte-Quitterie était bien l'église d'un
village bordée au Sud par son cimetière.
Noyau initial de la
ville, le village de Ribaute se trouvait, sans aucun doute, dans le faubourg
Ste-Quitterie. L'importance même du faubourg, l'existence de l'église
Sainte-Quitterie, mais aussi la toponymie le placent dans l'actuel quartier
du cimetière. Ripau,mentionné sur la carte de Cassini, n'est
que la forme altérée de Ribaute. Le « pont vieux »
du faubourg (donc antérieur à celui de la bastide) atteste
bien, ici la présence du village primitif, près duquel fut
construit, en 1322, la bastide de Plaisance.
c) La rive droite de l'Arros.
La rive droite de l'Arros, parce qu'inondable,
était presque déserte en 1783 (88).
Une maison s'élevait sur le bord de la route royale qui rejoignait
la grande route dAire à Trie. Elle appartenait au voiturier Palam.
La métairie qui se trouvait à « Irlande », était
en dehors des limites de la juridiction de Plaisance, mais faisait partie
du secteur paroissial de Sainte-Quitterie (89).
Refaite, mais surtout rehaussée
vers 1770, à cause des inondations, la future « allée
des Ormeaux » accueillera une dizaine de maisons quelques années
plus tard. C'est en 1788, sous le consulat du Sieur Payssé que furent
plantés les ormeaux (90).
C. - CONCLUSION.
Plaisance offre un certain
nombre de caractères communs aux bastides. Comme bon nombre d'entre
elles, elle tire son nom d'une ville étrangère. La bastide
se dévoile à son plan géométrique, à
sa place à cornières, à sa halle, à son organisation
du terroir.
Néanmoins, certains
aspects de la ville au XVIII' siècle révèlent le semi-échec
de sa fondation. Sa faible superficie, l'exiguïté de sa halle,
l'absence d'église paroissiale dans l'enceinte attestent la modestie
de la bastide. Ici, les faubourgs ne sont pas nés de l'expansion
de la, ville. Noyau primitif, le village de Rive-Haute (ou Ribaute) est
devenu faubourg Sainte-Quitterie de Ripau en 1322. Le « barry debat
» résulte de la contraction de la première enceinte
du XIVe siècle. Il,témoigne de l'échec de la fondation
de 1322.
Trop vaste (10 hectares),
pour son petit nombre d'habitants la bastide primitive était indéfendable.
Entourée de fortifications provisoires (91),
protégée au Sud-Est par le château comtal, elle fut
dévastée dès 1338, rasée par le Prince Noir
en 1355. Elle était au centre d'une immense juridiction dont les
limites sont évoquées dans le contrat de paréage (92).
Fondée peu d'années après l'annexion de la Rivière-Basse
(93) au domaine d'Armagnac, il semble qu'elle ait
été créée pour s'opposer aux bastides voisines
: Beaumarchés et Marciac. Bastide de Marche, sa création
s'inscrit dans la lutte entre les Maisons d'Armagnac et du Pardiac.
Détruite, mais rebâtie
dans la seconde moitié du XIV' siècle l'église Sainte-Quitterie
reste le centre du village primitif.
Dans la seconde moitié
du XIV' siècle, une deuxième enceinte est construite à
l'intérieur du « fossé vieux », au Sud-Est de
la bastide primitive. Cette contraction (94) de la
bastide au Sud-Est s'explique par la présence, au Nord du village
de Ribaute, d'un croisement de routes. La nouvelle bastide était
là, tout proche du gué.
La forme allongée
des îlots de la ville, la position des portes, mais surtout l'absence
de porte à l'Ouest montrent l'adaptation de la bastide au village
de Ribaute. Ce dernier a constitué un obstacle à son développement
et a fait de Plaisance une «bastide-route » que traversait
la route de Mont-de-Marsan à Tarbes.
Faubourg puisque hors
les murs, le « barry dessus » ou « SaÎnte-Quitterie
» n'en fait pas moins figure de second village. Il a conféré
à Plaisance un visage rural qui s'estompera sous la « Monarchie
de Juillet » avec la construction de la « Grande-rue »
et de la « Place du il novembre ». A partir de 1837,
c'est vers l'Ouest que se fera l'expansion de la ville (95).
Les nouveaux quartiers du XIXe siècle occuperont l'emplacement abandonné
450 ans plus tôt lors du rétrécissement de la première
enceinte.
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Porte du moulin XVème siècle
52) Le curé de Plaisance
" déclare posséder un petit jardin obituere de la contenance
de six punières aux chasteaux confronte du levant jardin de Jean-Jacques
Lapese talleur du midi vieux fossé du couchant jardin de Jean-Pierre
Doau sirurgien du septentrion petit chemin de servitude... » (Déclaration
du 19 novembre 1682, Archives des Pyrénées Atlantiques, B.
1060).
(53) « jean Rosapelly
tanneur possède jardin aux chastheux confronte du levant chemin
de service midi Marc Anthoine Lalanne couchant foussés de la ville
septentrion Marie Ducos » Cadastre de 1725, f° 30).
(54) « Beaumarchés
en 25 ans est passée de 80 feux à 15 feux » (HIGOUNET
C, Histoire de l'Aquitaine, Toulouse, E. Privat,
19 pp. 225-226).
(55) Nom primitif de la
bastide. C'est en 1323 que la nouvelle bastide prendra le nom de Plaisance.
56 et 57) AUBAS E., Quelques
pages d'histoire de Plaisance du XII- au XVII siècle, dans B.S.A.G.
XXXIXe année, pp.
331-336. : « En 1338,
jean d'Armagnac aide les habitants à réparer leurs murailles
et leurs fontaines. Il octroya aux habitants
de larges franchises pour
les dédommager de ce qu'ils avaient souffert pendant la guerre ».
En 1355, le ville fut ravagée par le
Prince Noir,
(58) Voir note 32.
(59) On lit dans le paréage
« Itein le susdit Seigneur Comte a retenu pour lui six places qu'il
a choisies dans un lieu aux
extrémités
de la bastide pour y faire un château ou sa maison de ausepet (?)
dans lesquelles places la juridiction sera commune
(60) « Felix Claverie
possède une maison hors la ville avec place et jardins appelés
aux Capots confronte du Levant Dominique Delourn et chemin publie midy
dudit Deloum et Dominique Feuga couchant audit Deloum Nord aux fossés
de la
ville» (Cadastre
de 1760, f° 115).
(61) Au début du
XVIIIe siècle Dominique Deloum, Pierre Lanux et Dominique Feuga
sont charpentiers.
(62) « Un terre du
barry debat qui confronte avec plusieurs jardins et le cimetière
vieux et avec le fossé dudit barry » (Archives départementales,
A. 7). Dans la première moitié du XIXe siècle,
un propriétaire
du quartier des Capots fit une découverte en faisant niveler sa
prairie. « En creusant un monticule, il trouva, à une certaine
profondeur, deux voûtes basses et longues construites en briques
et appuyées sur
un mur mitoyen. Elles étaient percées d'ouvertures latérales
fort étroites, et conte-
naient un 1 e grande quantité
d'ossements qui avaient appartenu à des âges et des sexes
différents et qui se réduisaient en poussière à
la moindre pression » (Dominique Vincent, Plaisance).
63) « jean Rosapelly
tanneur tient jardin aux pellantz confronte du levant rivière de
l'Arros midi couchant chemin de service... »
(Cadastre de 1725, f°
30). Les pelams étaient des mares où l'on traitait les peaux.
(64) « Le Sieur Etienne
Saint-Pierre marchand corroyeur tient une autre maison facture de tannerie
et parus hors la ville
confronte du levant à
l'Arros, du midy aux fossés de la ville couchant à la place,
Nord Felix Claverie » (Cadastre de 1760, f° 74).
(65) Le « barry debat
» s'appelle aussi « faubourg des péjous ».
(66) Les Plaisantins possèdent
des jardins « debat » la ville : « aux capots " , «
aux pelams »,• à mathio ». La zone des jardins se prolonge
« darré » la ville : « aux chasteaux, «
à Cazau » et" à Poumyro ».
(67) La « rue Longue
» est citée dans les actes de naissances et de décès
des années 1792-1793.
(68) « Bernard Junca
Pleychou tient terre labourable, aubarede, bois et bouzigue appelé
à laubarede et chemin de Marciac tout joignant confronte du levant
rivière de l'Arica et ruisseau il lasté » (Cadastre
de 1725, f° 77, v°). Voir aussi le cadastre de 1826.
(69) Naissances et décès
(1790 - An V), Registres d'Etat Civil (Mairie de Plaisance).
(70) « Laurens Cazieux
marchant tient pred au camp du pont vieux confronte du levant canal du
moulin midy laurens vacquier septentrion chemin public (Cadastre de 1725,
f° 58, ro).
(71) « Alexis Sarran
Hoste tient maison, parc, jardin, hautin appelé à Sarran,
confronte du levant canal du molin midy jean Saubolle et le simettière
de l'église Sainte Quittaire » (Cadastre de 1725, f° 60).
(72) « En 1763 la
maison de feu jean Junca est en torchis ainsi que la grange et étaient
couvertes en chaume au décès du père » (Archives
familiales).
(73) Archives départementales,
C. 494.
(74) Aubas E., op. cit.
(75) Voir le cadastre de
1826.
(76) « L'hôpital
royal de Sainte-Croix établi au présent lieu, sous la direction
de messieurs les administrateurs posède maison,
jardin et terre labourable
tout tenant à l'espitau » (Cadastre de 1760, f° 29).
(77) Enquête paroissiale
de 1783.
(78) « Une vigne appelée
à Sainte-Quitterie confronte avec le jardin de l'hôpital »
(Archives départementales, A. 7).
(79) « Un chemin appelé
romaniu (romiu) traverse le territoire de Plaisance au XVe siècle
(Glanages de Larcher tome 20, p.
287). « Une terre
labourable à Saint-Christau qui confronte du levant à la
rivière de l'Artus » (Cadastre de 1725, f° 12). Le
toponyme Saint-Christau
jalonne les chemins de Saint-Jacques. Il s'agit ici d'un chemin secondaire,
d'une bretelle qui reliait la «
via Tolosana » à
la « via Podensis ». La situation géographique de la
Rivière-Basse, véritable pont, entre l'Armagnac et le
Béarn peut expliquer
l'existence de ce chemin secondaire.
(80 et 81) Enquête
paroissiale de 1783.
(82) « L'église
paroissiale du lieu, dédiée à Sainte-Quitterie située
hors la ville avec le cimetière confronte levant du Sieur
Saubolle et chemin de service
midy aussi chemin de service couchant au chemin public nord du Sieur Sarran
ruisseau entre
deux contient un quart
d'arpent » (Cadastre de 1760, f° 298).
(83) PANDELLÉ J.,
Les églises de Plaisance, dans le Bulletin paroissial, année
1966.
(84) « En 1760, l'église
Sainte-Quitterie se trouve interdite à cause de son état
ruineux » (Bulletin paroissial, 1966). « Le 3 juin
1786 est décédé
Arnaud Manciet son corps a été inhumé dans le cimetière
de la paroisse de Saint-Aunis à cause de l'interdit
de l'église de cette
ville (Archives départementales, 5E. 508).
(85) Projet de reconstruction
de l'église de Plaisance (1786) (Archives départementales,
C. 56). Us travaux débutèrent en
1788.
(86) « En 1133, le
territoire de Rive-Haute et son église appartenaient par moitié,
ainsi que leurs revenus au prieur de Saint-Pé
de Générèz
en Bigorre, Odon de Sarraute et à son neveu Raymond » (AUBAS
E., op. cit.).
(87) L'Enquête paroissiale
de 1840 (- 1670) révèle la modestie de l'édifice.
Dans le procèsverbal de la visite pastorale dans la
ville et paroisse de Plaisance
(1840), on lit : « L'église paroissiale laisse beaucoup à
désirer », « les chapelles sont pauvres et
nues », « la
chaire est trop petite et misérable pour un chef-lieu ».
(88) « Il n'y a qu'un
hameau de trois maisons qui ne sont pas très éloignées.
Il n'y a point d'annexe, il y a une quatrième maison
delà rivière
de l'Arros. Il y a un pont » (Enquête paroissiale de 1783).
(89) La communauté
de la ville tient « un padouent appelé au cap du pont confronte
du levant terroir de Beaumarchès midi et
couchant la rivière
de l'Arros... » (Cadastre de 1725, f° 99).
sous l'Ancien régime,
Beaumarchès contrôlait la partie du territoire communal de
Plaisance qui s'étend sur la rive droite de
l'Arros, au sud de l'allée
des Ormeaux.
(90) Délibérations
municipales (1811-1830), séance du 6 mai 1811.

Tour
d'enceinte
Voir deux
photos récentes de la tour
(91) Dominique Vincent nous
dit dans sa Notice historique « qu'elle était entourée
de fossés et de remparts de pisé de 22 pieds de hauteur sur
six d'épaisseur ».
(92) « Item, le Seigneur
Comte a donné et mis au susdit paréage et aux coutumes de
ladite bastide toutes ses terres et celles de ses sujets qui sont situées
dans la terre d'Armagnac au-dedans les territoires de Marseillan, de Pouydraguin
et entre les terres appelées de l'Artus et le Midour de manière
qu'elles sont de la coutume et de la contribution de la susdite bastide
et que le jugement des causes civiles dans lesdits lieux et de la loy majeure
appartienne au baille de ladite bastide » (Contrat de paréage,
voir note 2).
(93) C'est cri avril 1306,
par acte daté de Castelnau que Mathe, comtesse d'Armagnac et de
Fezensac, fille de Gaston, vicomte de Béarn donna à Bernard,
comte d'Armagnac et de Rodez, la terre de Rivière.
(94) Il faut noter que cette
contraction de la bastide s'est accompagnée d'un rétrécissement
de la Juridiction de Plaisance, au profit de la bastide de Beaumarchès.
(95) Cette expansion de
la ville du XIXe siècle est la conséquence de la forte augmentation
de la population de Plaisance 1774
: 958 habitants, an XI
: 1239 habitants, 1850 : 1859 habitants, 1886:2066 habitants.
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